From the monthly archives: mai 2009

A la fin de la guerre, il était d’usage, chez les Français qui avaient peu ou prou fréquenté Vichy, d’oublier ce passé-là. Les mémoires, les petites notices bibliographiques du Who’s who font l’impasse sur cette période trouble. Antoine Pinay ne mentionna jamais avoir été membre du Conseil national; Michel Debré, qu’il prêta serment au Maréchal le 13 novembre 1941; Alexandre Parodi, délégué général de la France occupée, qu’il prêta lui aussi serment le 19 août de la même année; Raymond Marcellin, qu’il fut décoré de la Francisque; François Mitterrand, plus souvent et plus longtemps que les autres sous les feux de l’actualité, n’a pu complètement oublier sa Francisque, mais en a atténué l’effet en affirmant qu’il avait été décoré alors qu’il se trouvait en Angleterre ou à Alger, c’est-à-dire à une époque où il était déjà engagé à fond dans la Résistance.

Pierre Péan – Une jeunesse française (1994)

Le Kama Sutra catholique

Le Kama Sutra catholique

Un moine polonais peu ordinaire, Ksawery Knotz, vient de publier un ouvrage intitulé : «Le sexe comme vous n’en avez jamais entendu parler : pour les couples mariés qui aiment Dieu». L’homme, fort de son expérience avec ses paroissiens, l’homme écrit : «En entendant parler du caractère sacré du sexe marital, certaines personnes pensent immédiatement qu’il est dépourvu de plaisir, de dimension ludique, de fantasmes et de positions attrayantes»

«Pendant l’acte sexuel, les couples mariés peuvent montrer leur amour de toutes les façons, ils peuvent s’offrir les caresses les plus convoitées. Ils peuvent se stimuler manuellement ou oralement», explique-t-il dans son livre.

L’ouvrage, publié à 5000 exemplaires et déjà en rupture de stock, va faire l’objet d’une réédition en plusieurs langues.

Src : lefigaro.fr

C’est le titre d’un livre de Max Gallo, mais c’est surtout le sentiment général (9 Français sur 10) qui ressort d’une enquête récente.

Nous avons connu les casernes et y avons découvert que l’occupation principale de nos militaires pacifiques consistait beaucoup plus dans la fréquentation du bistrot que dans l’étude de Clausewitz ou plus simplement dans le démontage de la mitrailleuse Hotchkiss. Être soldat, pour nous, qui fûmes appelés en 1938, c’était apprendre de quelle manière un citoyen honnête dans sa médiocrité pourrait s’accoutumer dans le minimum de délai à la saleté, à la paresse, à la boisson, aux maisons closes et au sommeil.

François Mitterrand, 22 juin 1945, dans le journal Libres

Mon collègue d’Athènes, Amédée Outrey, était un admirateur de l’auteur d’Atala. Il m’avait dit : « il faut absolument que vous lisiez le Journal d’un conclave, publié par le service des Archives du Quai d’Orsay. C’est l’ensemble des dépêches que Chateaubriand envoyait chaque jour, par messager, à Charles X, où il faisait le compte rendu quotidien des séances du conclave. » Ces dépêches ont malheureusement été brûlées, sur l’ordre de Paul Reynaud, avec les archives du Quai d’Orsay, scène que j’ai racontée dans la Fin des ambassades. Mais Chateaubriand nous en dit assez, dans les Mémoires d’outre-tombe, pour que l’on reconstitue le fil, et que l’on s’aperçoive à quel point il a été ridiculisé par ces messieurs du Vatican. Il laisse entendre qu’il avait soudoyé un conclaviste (jeune ecclésiastique attaché à un cardinal, pendant la durée du conclave, pour le servir. Vraisemblablement, ce famulus faisait passer des messages à Chateaubriand par l’intermédiaire des cuisiniers qui nourrissent le conclave. Mais il avait dû prévenir son cardinal des curiosités de l’ambassadeur de France et tous deux s’amusèrent à le berner, peut-être d’accord avec tous les autres. Quand le vicomte écrit à Charles X : « Aujourd’hui, les cardinaux della Marmora et Pedicini ont eu de vingt à vint et une voix » (il y avait cinquante-huit votants), on constate dans le registre, que ces cardinaux n’en eurent jamais une seule ! Sérieux comme un pape, Chateaubriand affirme que le Conseil du roi attendait fébrilement ses dépêches. C’étaient des rigolades. Les cardinaux se foutaient pontificalement de lui.

Roger Peyrefitte – Propos secrets 2

Pour moi, Romain d’adoption chaque été, chaque automne et chaque hiver pendant vingt ans, le sommet de l’érotisme demeurait les cinémas. L’un d’eux était le Farnèse, place Campo di Fiori, à cent mètres du palais Farnèse, – l’ambassade de France. A l’entrée, l’ouvreur vous lançait un « Buon divertimento ! » qui était sans équivoque. Parmi les garçons, tassés dans les premiers rangs, on apercevait toujours la silhouette plus épaisse d’un adulte, comme au Plaza disparu, dont Achard me signalait les alternances de mâles et d’enfantines virilités.

Roger Peyrefitte – Propos secrets 2

Mais enfin, quand je me rappelle, ce qu’on ne saurait jamais assez rappeler, qu’à la Libération, l’Académie, où siégeait derechef Maurois, a rayé du nombre de ses membres Pétain, Maurras et Abel Hermant, je suis moins fier pour elle qu’Alain Peyrefitte qui, dans son discours de réception, aveuglé par le fait qu’il succédait à Paul Morand, a fait de « l’illustre compagnie » le parangon de l’esprit de tolérance.

Roger Peyrefitte – Propos secrets 2

Se confesser à son propre mari !
Quelle folie ! imprudence est un terme
Faible à mon sens pour exprimer ceci.

Contes et nouvelles en vers par Monsieur de La Fontaine