From the monthly archives: décembre 2009

Lu sur le site de la fondation Napoléon :

Lu sur lemonde.fr :

Le Secrétaire général de la Francophonie Abdou Diouf a regretté mercredi « l’effacement du français dans les organisations internationales » alors qu’il est « la deuxième langue la plus enseignée dans le monde« .

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« Cette langue progresse, elle est la deuxième langue la plus enseignée dans le monde, le nombre de locuteurs augmente, la demande de français sur tous les continents augmente et paradoxalement nous assistons à l’effacement du français dans les organisations internationales« , a-t-il précisé, citant l’exemple de la Conférence de Copenhague sur le réchauffement climatique.

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Les associations qui signent cet appel regroupent des démocrates de toutes sensibilités idéologiques. Unanimes, elles dressent un constat angoissant du sort politique fait à la langue française en France.
« Langue de la République » (art. II de la Constitution), le français est une condition du vivre-ensemble national et républicain, et, selon les sondages récents, il est pour 80 % de nos concitoyens un des principaux piliers de l’ »identité nationale ». Or, le français est aussi gravement menacé chez nous qu’au Québec, en Afrique francophone, en Wallonie ou en Suisse romande. Il l’est moins par l’air du temps que par une politique linguistique menée surtout par de grandes entreprises françaises avec l’appui de milieux politiques, certes européens et transatlantiques, mais d’abord hexagonaux. Après Michel Serres, observant qu’«  il y a plus de mots anglais sur les murs de Paris qu’il n’y avait de mots allemands sous l’Occupation », le linguiste Claude Hagège classe le français parmi les langues menacées dans son Dictionnaire amoureux des langues.
L’heure est donc venue d’appeler tous les citoyens à la résistance linguistique.

Nos associations en appellent au peuple français et à tous les francophones du monde, à tous ceux qui savent ce que la liberté, l’égalité, la fraternité, mais aussi la littérature, la philosophie, le droit et les sciences doivent à la langue des Molière, Césaire, Verhaeren et Senghor.

Depuis longtemps, on n’en est plus aux seuls emprunts massifs à l’anglo-américain ; nombre de grandes entreprises s’emploient à basculer au tout-anglais une bonne part de leurs pratiques langagières : « Time to move ! » est le titre du programme de mutations que France-Teuleucom impose à ses salariés, ajoutant l’humiliation linguistique à l’effrayante dégradation de leurs conditions de travail. C’est aussi la mode – le « mood » – chez AREVA… Dans la distribution, Carrefour, Auchan… basculent leurs produits et enseignes à l’anglais de bazar, imités par des services publics comme la SNCF, La Poste ou Air France… Loin du programme du Conseil national de la Résistance, la devise du Medef n’est-elle pas « ready for the future » ? Sommet du « dialogue social » : c’est en anglais que les ouvriers de Continental-Clairoix, réunis dans leur cour d’usine, ont appris leur licenciement collectif ! Les choses sont déjà si avancées, tels les fromages forts, que des syndicats de diverses obédiences, CGT, CFTC, UNSA, CGC…, ont dû monter au créneau pour «  défendre le droit de travailler en français en France  ».

Voyez aussi les travaux de la recherche scientifique française : des siècles après l’acte révolutionnaire de Descartes publiant en français le Discours de la méthode, ils ne sont souvent plus pensés et écrits par nos chercheurs qu’en anglo-américain, même pas toujours traduits en français. Passons sur la chanson, sur les pubs en anglais qui, aux heures de grande écoute, ciblent surtout les jeunes, les enfants… Que fait le CSA ?

On ne voit que trop qui sert cette politique d’anéantissement linguistique sous son emballage pseudo-moderne : elle sert cette « élite » et ces privilégiés qui, pas seulement à droite, n’hésitent pas à désintégrer leur langue maternelle pour mieux intégrer l’élite mondialisée et ressembler à leurs maîtres ! Les « gens de peu », pour leur part, sont voués à une discrimination linguistique plus forte que jamais. Quant à nos cadres moyens qui croient s’en tirer en ingurgitant le « Wall Street English » promu dans le métro parisien, le basculement au tout-anglais consacre leur aliénation dans un travail de plus en plus dévalorisé.

Face aux coups portés, le silence des autorités inquiète. Pis : des ministres approuvent ou annoncent diverses mesures de substitution de l’anglais au français, des petites classes jusqu’à l’enseignement supérieur. Ainsi la nouvelle antenne de Reims de Sciences-Po dispensera-t-elle tous ses cours en anglais. Ainsi MmeValérie Pécresse semble-t-elle chercher à extraire l’Université du champ de la loi Toubon. Ainsi le chef de l’Etat annonce-t-il que des enseignements fondamentaux du second degré pourraient être dispensés « en langues étrangères » (traduisons : en anglais).

De cet arrachage linguistique, c’est peu dire que l’Union européenne, à laquelle ses textes fondateurs font pourtant obligation de défendre les langues nationales, fait peu de cas. Au nom du libéralisme économique, son exécutif s’emploie même à démanteler toute protection juridique des langues nationales, au point que c’est souvent de directives bruxelloises que se prévalent les décideurs français pour contourner la loi.
C’est pourquoi nous exigeons un grand débat national sur la place respective du français et des autres langues, pour que l’assassinat linguistique planifié ne puisse s’accomplir en silence et pour que le peuple souverain se saisisse de la défense de sa langue.

L’actuel gouvernement qui glose sur l’identité nationale va-t-il contribuer à enfermer le peuple français dans une langue unique imposée ? La défense de notre héritage linguistique implique une protection et une promotion actives de la langue française, de la diversité linguistique et de la francophonie, sur notre continent et dans le monde. Parlons ici seulement de ce qu’il faut pour revenir au bon sens : à l’école élémentaire ou au collège, asseoir d’abord un solide apprentissage des langues nationales en Europe, puis commencer celui de deux langues étrangères dont la première, selon la recommandation du professeur Hagège, serait autre que l’anglais ; réaffirmer le français comme langue de l’enseignement supérieur ; lui rendre droit de cité dans la recherche ; faire respecter par Bruxelles sa propre législation linguistique.

Notre appel s’adresse aussi aux espérantistes, aux amis des langues régionales, vite éradiquées si la langue commune était marginalisée, aux immigrés qui veulent continuer à parler notre langue sans oublier celle de leur pays d’origine, à nos compatriotes des DOM qui veulent parler français ET créole. Si une langue de portée mondiale comme la nôtre finissait par être supplantée sur sa terre natale, quelle autre langue, en Europe, pourrait résister au rouleau compresseur de l’anglo-américain ? Cet appel à la résistance et à la créativité linguistique de tous les francophones s’adresse aux citoyens et aux décideurs conscients de leurs responsabilités, aux salariés, étudiants, enseignants, entrepreneurs de base, qui font vivre le français en l’habitant au quotidien. Car, en marginalisant sa langue, c’est le peuple qu’en définitive on voudrait déloger de ses rêves.

Nous interpellons enfin avec gravité les écrivains, penseurs, traducteurs et autres créateurs de toute la francophonie, partout où notre langue est pratiquée et aimée : vous dont la langue constitue l’outil de travail et l’élément existentiel, entrez en résistance publique contre la langue unique ! Cinq siècles après Joachim du Bellay appelant à la « défense et [l']illustration » du français, faisons vivre notre langue et défendons-la contre la logique barbare de l’argent roi.

Signataires :

Alliance Champlain,
Association francophonie avenir
(Afrav),
Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (Asselaf),
Avenir de la langue française (ALF),
Cercle littéraire des écrivains cheminots (CLEC),
CO.U.R.R.I.E.L.,
Défense de la langue française Paris-Ile-de-France (DLF Paris-IDF),
Forum francophone international France (FFI France),
Le droit de comprendre (DDC),
Le français en partage,
Gerflint.

Src : www.lemonde.fr

L’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP) et la Délégation générale à la langue française et aux langues de France ont réalise une étude afin de dresser « un état des lieux objectif, quantitatif et qualitatif, des relations entre la langue française et la publicité. »

Il ressort de ce rapport de 16 pages que 4% des publicités maltraitent la langue de Voltaire. Insignifiant ? Ou excessif ?

Publicité et langue française - bilan 2009

Publicité et langue française - bilan 2009 : La loi Toubon est-elle respectée ? La publicité contribue-t-elle à l’appauvrissement de la langue ? Le Français se prête-t-il à la créativité publicitaire ?

Selon les prévisions du rapport remis au gouvernement britannique par l’ancien économiste de la Banque mondiale, Nicholas Stern, le coût pour l’économie mondiale d’ici 2100 excèderait celui des deux guerres mondiales. Quant aux effets sociaux, il les compare à ceux de la crise de 1929.

M. Rocard/ N. Gnesotto – Notre Europe

CEPII - L'économie mondiale 2010

CEPII - L'économie mondiale 2010

Notes en vrac :

  • Moment décisif crise financière → crise mondiale : 15 sept 2008 :faillite Lehman Brothers
  • Conséquences faillite : créanciers affectés + grave crise de confiance
  • Baisse prix actifs financiers + restrictions accès crédit : propagation crise secteur réel.

    Lire la suite »

  • Mais où est passé le français à la Commission ?
  • La face cachée des fesses sur arte.tv ! Disponible sur Arte+7
  • La bêtise du jour : « l’invasion de l’Irak en 2003 était justifiée ». C’est signé Tony Blair
  • AFP ne parle plus de start-up mais de jeune pousse : « Apple rachète une jeune pousse pour étendre son offre musicale » ! Bravo !
  • Le premier Airbus A400M a décollé. Mais où est la version française du site ?
  • OpenTTD, le clone de l’excellent jeune Transport Tycoon est disponible en entier (il manquait jusqu’à présent les graphismes et les sons).

Alors que je lisais l’histoire d’Emmet Till sur wikipedia, ce jeune Noir assassiné dans les années 1950, je lis :

Sabotage wikipedia

Sabotage wikipedia

Tout de même, ces saboteurs auraient pu s’en prendre à la vidéo des jeunes de l’UMP ou à quelque chose d’un peu moins tragique. Ou alors serait-ce une coquille ?

Rome reste donc atlantiste, européenne et opportuniste. En 2003, Silvio Berlusconi a choisi de s’aligner totalement sur Washington. On lui prête même cette formule : « Je suis du côté des Américains avant de savoir de quel côté ils sont ». Certains sujets demeurent cependant sensibles entre les deux pays, comme l’Iran.

M. Rocard/ N. Gnesotto – Notre Europe

Du continent, la Grande-Bretagne n’a jamais vu venir que des ennuis. Qu’il s’agisse d’épidémies, de guerres ou de menaces d’invasion, tout ce qui vient du continent doit être surveillé de près. D’autant que les continentaux sont des barbares : la démocratie est une invention britannique qu’ils n’ont mis que trop longtemps à imiter. L’ »habeas corpus » – première expression et toujours majeure, des droits de l’homme – est lui aussi d’invention britannique et jamais complètement recopié par les autres pays d’Europe.
De manière multiséculaire la Grande-Bretagne poursuit une politique étonnamment constante vis-à-vis du continent : maintenir et approfondir ses divisions, rechercher toujours l’alliance militaire avec la deuxième puissance du continent pour limiter et éroder la force de première, et poursuivre sur une longue période cette politique en pratiquant les permutations nécessaires.

Daniel Cohen – La mondialisation et ses ennemis