Depuis des années, Heydrich commande de nombreuses études sur la question juive à ses chefs de département. Et il il reçoit ce genre de réponse :
« Il convient de priver les Juifs de leurs moyens de vivre – et pas seulement dans la sphère économique. L’Allemagne doit être un pays sans avenir pour eux. Seule la vieille génération doit être autorisée à mourir ici en paix, mais pas les jeunes, en sorte que subsiste l’incitation à émigrer. Quant aux aux moyens, l’antisémitisme bagarreur doit être rejeté. On ne combat pas les rats avec un revolver, mais avec du poison et des gaz. »
Métaphore, fantasme, inconscient qui affleure, en tous les cas, on sent que ce chef de service a déjà une idée derrière la tête. Le rapport date de mai 1934 : un visionnaire !
En 1986, cependant, François Mitterrand répondit à propos de cette damnée Francisque : « Je me suis trouvé titulaire de la Francisque comme bien d’autres membres importants de la Résistance, par exemple mon ami le futur maréchal de Lattre de Tassigny. Lorsqu’elle m’a été attribuée en 1943, j’étais en Angleterre. Ce fut très pratique à mon retour, un bon alibi.
Heinrich Himmler, Reichsführer-SS, chef de la police allemande, maître d’oeuvre de la « Solution finale », a commencé sa carrière professionnelle comme … éleveur de poulet :
En 1928, le couple investit la dot de « Marga » dans un élevage de poules à Waldtrudering, dans les faubourgs de Munich. Jusqu’à la fin des années 1920, Himmler continue de cultiver sa petite propriété rurale avec son épouse.
Src : http://fr.wikipedia.org/wiki/Heinrich_Himmler
Or l’irréparable, c’est ceci : « Vous connaissez la police française. Elle a sans doute ses défauts, mais elle a aussi ses qualités. Je suis persuadé que, réorganisée sur des bases nouvelles et énergiquement dirigée, elle est susceptible de rendre les plus grands services. Déjà ,dans de nombreuses affaires, vous avez pu constater son activité et efficacité de son action. Je suis certains qu’elle peut faire davantage encore. » Ainsi René Bousquet plaidait-il la cause de la police française, le 18 juin 1942, dans une lettre eu général Oberg, responsable de l’Office centrale pour la sécurité du Reich, où il se déclarait prêt « à tout mettre en oeuvre pour entreprendre dans un esprit de coopération étroite et loyale la lutte contre le terrorisme, l’anarchie et le communisme ennemis commun de nos deux pays ».
(..) René Bousquet se défendit comme un beau diable, avec aplomb et superbe. Il répliqua : « les Allemands ne parlaient pas de déportation. Ils employaient les mots transfert, regroupement, rapatriement. » Puis il ajouta, dans un cri du coeur : « J’ai soutenu les lois raciales comme la corde soutient le pendu. » C’en fut trop pour Madeleine Jacob, qui revint à sa colère – juste une remarque glissée comme en passant : « Mais sans corde, Bousquet, point de pendu. »
Des intérêts pratiques, commodes et accommodants l’ont donc emporté sur les engagements énoncés au début du chapitre « Liberté » des cent dix propositions du candidat François Mitterrand. Proposition 45 : » Le mandat présidentiel sera ramené à cinq ans renouvelable une fois, ou limité à sept ans sans possibilité d’être renouvelé ».
Ce fut dès lors une plongée dans un monde nauséabond. Oui, il est arrivé que les RG recrutent des prostituées comme agents : l’une d’elles, une jeune Malgache, ayant pour nom de code « Jupiter », fut chargée en 1990 d’infiltrer une secte « luciférienne », après que cette piste eut été évoquée à propos de la profanation du cimetière de Carpentras, au prétexte que son grand prêtre exigeait des rites de passage érotiques.
Tout à leur quête de renseignements « opérationnels », les RG traitèrent le Centre du Christ libérateur comme un repaire d’espions ou de terroristes. (…) Puis Dufourg emprunta le raccourci traditionnel : forcer un informateur à s’infiltrer parmi les fidèles du pasteur Foucé [NDB : responsable de ce Centre]. Or il n’était ni homosexuel ni pédophile, mais informaticien et ancien gauchiste. Et il se montrait rétif. Pour le contraindre à collaborer, Dufourg n’hésita pas, dans la nuit du 3 au 4 juillet 1990, à tirer une balle dans la porte de son appartement, pratiquement à hauteur d’homme. L’intimidation n’eut pas le résultat espéré : [l'informateur] tenta de se suicider.
Je n’imagine pas de Gaulle sensible au goût morbide des affaires de police, écrit Mitterrand. Mais je suis certain qu’il leur accorde une grande importance et qu’il s’attache à les exploiter. Il a son cabinet noir. Au-dessus ou au-dehors du ministre de l’Intérieur et des hauts fonctionnaires compétents, il mène de l’Elysée ses propres enquêtes, s’informe directement et, le cas échéant, ordonne certaines opérations. Des membres de son entourage qui lui sont entièrement dévoués et qui échappent à toute hiérarchie, le renseignent, tirent des fils, patronnent des réseaux parallèles, entretiennent des indicateurs.
Edwy Plenel – La part d’ombre

La marque de vêtements Hugo Boss rappelle dans une publicité qu'elle est à l'origine des uniformes nazis. (Src : Apocalypse Hitler)

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En 1986, cependant, François Mitterrand répondit à propos de cette damnée Francisque : « Je me suis trouvé titulaire de la Francisque comme bien d’autres membres importants de la Résistance, par exemple mon ami le futur maréchal de Lattre de Tassigny. Lorsqu’elle m’a été attribuée en 1943, j’étais en Angleterre. Ce fut très pratique à mon retour, un bon alibi.
En 1928, le couple investit la dot de « Marga » dans un élevage de poules à Waldtrudering, dans les faubourgs de Munich. Jusqu’à la fin des années 1920, Himmler continue de cultiver sa petite propriété rurale avec son épouse.