Pour la 16e année consécutive, Julien Lepers consacre plus d’une semaine à la langue française et à son rayonnement en faisant participer des candidats venus de dix pays différents : la Grèce, le Niger, le Maroc, la Croatie, la Thaïlande, l’Autriche, l’Arabie Saoudite, les Pays-Bas, le Togo et le Chili. Tous s’affrontent pour remporter le titre de champion de la langue française.
Pour la 16e année consécutive, Julien Lepers consacre plus d’une semaine à la langue française et à son rayonnement en faisant participer des candidats venus de dix pays différents : la Grèce, le Niger, le Maroc, la Croatie, la Thaïlande, l’Autriche, l’Arabie Saoudite, les Pays-Bas, le Togo et le Chili. Tous s’affrontent pour remporter le titre de champion de la langue française. Si le Maroc participe pour la 4e fois à la compétition, c’est en revanche la première fois que l’Arabie Saoudite est représentée. Les qualifications sont désormais terminées, et les candidats se retrouvent à l’occasion de la grande finale, en présence d’Abdou Diouf, secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie.
Liste des articles de la catégorie ‘Langue française’
Champion de la langue française
18 mars 2010La langue française en fête en Belgique
17 mars 2010Alain Rey ou l’éloge de la diversité
17 mars 2010Le quotidien belge lalibre.be a questionné Alain Rey de passage à Bruxelles pour une conférence « unité et diversité » :
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Vous penchez pour la diversité, n’est-ce pas ? Pour quelles raisons ?
Parce que la variété du français n’est pas une nouveauté, cela court depuis sa naissance avec l’éclatement du latin. Dès le Moyen Age, la caractérisation du français, c’est l’exportation, notamment vers l’Angleterre. Les élites parlaient cette langue. C’est un élément important car si on a cessé de parler français en Angleterre vers le XIVe siècle, il n’est pas tout à fait une langue étrangère, de très nombreux mots français ont enrichi le vocabulaire anglais. Aujourd’hui, c’est le contraire et on se plaint des anglicismes.
Est-ce un enrichissement ?
En général oui mais pas toujours s’il y en a trop. D’ailleurs, ce ne sont pas des anglicismes mais des américanismes. L’histoire donne des repères pour le présent et l’avenir, il ne faut pas s’affoler quand une partie du lexique change de nature. Ce qui compte fondamentalement, c’est la syntaxe, moins la phonétique parce qu’elle varie beaucoup d’un point à l’autre, entre l’Europe et le Québec, le français d’Afrique
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Et que penser du test de français pour les candidats à l’immigration ?
Cela fait partie des mesures tendant à diriger les nouveaux immigrés vers une langue plutôt que vers une autre. De toute façon, il s’agira du français de France, sans nuances. Dans d’autres pays il y a toujours des problèmes d’intercompréhension. Par exemple, le néerlandais de Flandre et celui des Pays-Bas sont différents. J’aime avoir ce type de réflexion dans les lieux frontaliers où il y a du bilinguisme plutôt qu’en France et pas seulement à cause de la géographie linguistique mais de la politique. En Belgique, il y a une attitude assez ludique avec la langue, en France, c’est toujours le drame. Aujourd’hui, on est arrivés à imaginer que l’on peut fonctionner dans une seule langue et qu’il n’en existe qu’une seule sans variantes, ce qui est le meilleur moyen pour ne pas la percevoir. C’est en reconnaissant l’existence des autres langues qu’on prend conscience de la sienne.
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A propos de l’écrit, craignez-vous les nouvelles formes d’écriture comme les SMS ?
Ce n’est pas un gros problème. Les SMS sont pour moi comme des calembours ou des rébus. L’existence d’Internet, y compris avec les codes secondaires que sont les textos, a redonné de la force à l’écriture par rapport à la parole. On disait, il y a 20 ans, qu’on était dans l’ère du téléphone, et finalement on s’est trompé, avec Internet, l’écriture est revenue en force et des gens à moitié cultivés passent leur temps à écrire. Je ne dis pas qu’ils écrivent bien mais ils écrivent. L’existence d’Internet, c’est un facteur majeur pour faire reculer l’illettrisme. Mais chaque gain culturel a ses inconvénients, tout un morceau de la tradition culturelle orale disparaît, en Afrique notamment. Mais, à l’heure actuelle, l’être humain peut-il s’accommoder de 4000 à 5000 langues sur Terre ? A mon avis, c’est complètement incompatible avec l’évolution des sociétés. La disparition des langues, c’est un mouvement inscrit dans l’histoire.
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Que pensez-vous de la nouvelle orthographe ?
C’est une réformette minuscule qui passe difficilement. D’ailleurs, je suis considéré comme un dangereux révolutionnaire en mettant dans le « Petit Robert » beaucoup plus de réformes orthographiques qu’ailleurs. Ce n’est pas la première réforme, celle du XVIIe siècle était bien plus importante. En fait, je considère que c’est un petit minimum, le français souffre beaucoup de son orthographe. C’est dommage que cela ne passe pas au niveau sociologique.
Est-ce qu’on parle mal aujourd’hui ? Est-ce une faute de dire “bravitude” ?
C’est complètement anecdotique. Ce n’était pas mal formé, il y a beaucoup de mots en -itude. Quand Senghor a lancé la « négritude » on ne lui a pas sauté dessus, et pourtant c’était un néologisme. La seule critique qu’on peut lui faire – et qu’on lui a faite -, c’est que probablement, dans des circonstances particulières, elle a oublié « bravoure ». Ce n’est pas du tout une analogie extravagante, on peut de toute façon créer des mots nouveaux, c’est juste qu’il y en a qui prennent et d’autres non. En ce moment, je suis en train décrire un « Dictionnaire amoureux des dictionnaires » qui paraîtra à la fin de l’année chez Plon. A cette occasion, j’ai découvert des mines d’or chez les surréalistes belges. Il y a un type, Armand Permantier, peintre, qui a publié une sorte de dictionnaire inventé dans lequel les mots et leurs sens sont inventés. C’est extraordinairement intéressant ! Finalement cela montre qu’un lexique, irrégulier par nature, est totalement ouvert.
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L’article en entier : Alain Rey ou l’éloge de la diversité
Une liseuse sinon rien !
7 février 2010
La mode est aux livres électroniques, parfois appelés liseuses comme le site d’actualités notamment informatique clubic.com en a fait usage récemment.
L’Office québécois de la langue français qui le définit comme un :
petit portable en forme de livre, muni d’un écran de visualisation, qui permet de stocker et de lire les publications en ligne disponibles par téléchargement dans Internet.
donne comme synonyme :
- livrel
- livre numérique
- livre bibliothèque
Du Racine dans le spectable de Franck Dubosc
30 janvier 2010Je ne murmure point qu’une amitié commune
Se range du parti que flatte la fortune ;
Que l’éclat d’un empire ait pu vous éblouir ;
Qu’aux dépens de ma soeur vous en vouliez jouir ;
Franck Duscoc – Il était une fois (bien évidemment repris de Racine – Britannicus)
Fond ou fonds ?
17 novembre 2009Doit-on utiliser l’orthographe fond ou fonds ? De Gaulle, dans ses mémoires, écrivait :
Depuis cinq ans, deux mois et dix-sept jours, nous remontons du fond de l’abîme. En dépit de tous nos malheurs, d’immenses difficultés et de cruelles restrictions, nous avons trouvé le moyen d’accéder à la libération, puis à la victoire.
En revanche, on parle du Fonds monétaire international.
Le site de l’association actions pour promouvoir le français des affaires nous explique :
Les mots « fond » et « fonds » ont en fait à peu près la même étymologie. Le mot italien « fondo », qui a la même origine, peut d’ailleurs s’employer pour traduire ces deux mots. (…)
Le français moderne a spécialisé ces deux graphies.
Le mot « fond » désigne, au sens propre, la partie d’un objet la plus éloignée de l’ouverture ou de la surface et, au sens figuré, ce qu’il y a d’essentiel dans une chose (par opposition à la forme).
Le mot « fonds » est utilisé lorsqu’il y a une idée de possession (terre, capital, ressources).
Qu’as-tu fait, toi que voilà, de ta jeunesse ?
21 septembre 2009Qu’as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?
Voilà ce que recopiait, patiemment, de poème en poème (NDL : citant Paul Verlaine – Sagesse), un certain Charles de Gaulle, officier de 37 ans considéré comme l’espoir de l’armée (…)
Jean Lacouture – De Gaulle (1. Le Rebelle)
Continuer à ou Continuer de
5 septembre 2009Faut utiliser « continuer à » ou « continuer de » ? Le TLFi nous indique :
2. [Le compl. d'obj. est un verbe à l'inf. précédé d'une prép.] Continuer à/de. Nous avons commencé à reconstruire la république, vous continuerez de le faire (De Gaulle, Mémoires de guerre, 1959, p. 643) :
(…)
Rem. Ds la docum., continuer à est un peu plus fréq. que continuer de (environ 60 % contre 40 %).
Le Grévisse précise :
On a le choix, mais DE est plus fréquent dans la langue écrite, même non littéraire.
Les apports à la langue française
24 août 2009La langue française s’est enrichie tout au long de l’histoire. On peut distinguer plusieurs périodes et leurs principaux apports :
- Au Moyen Age, deux grands événements viennent influer sur la langue : les croisades et les traductions latines. Les croisades font des emprunts à la langue arabe de termes techniques, dans le domaine de la médecine, de la chimie, des mathématiques et de l’astronomie : zéro, chiffre, alcool ou encore épinard, estragon, qui étaient des plantes utilisées en médecine. La traduction latine à la fin du Moyen Age nous enrichit de auscultare qui a donné ausculter, fabrica fabrique, singularem singulier, fragilis fragile …
- Le XVIe siècle est marqué par une forte influence italienne. Cavalerie, mascarade, carnaval … – et par le biais des conquêtes espagnoles – cacao rapporté du Mexique – ou encore portugaises – ouragan, tornade des Antilles.
- Le XVIIe est soumis à une fièvre épurative. On signale tout de même un influence importante avec des emprunts au vocabulaire espagnol.
- Le XVIIIe marque le début de l’ouverture vers les Anglo-Saxons. Les emprunts portent essentiellement sur des termes spécifiques à leur mode de vie. La fin de ce siècle sera marquée par l’arrivée de mots politiques, retombée de la Révolution Française. Depuis, c’est essentiellement chez nos voisins anglais et américains que nous allons puiser notre inspiration.
Pascale Certa – le français d’aujourd’hui, une langue qui bouge

