Liste des articles de la catégorie ‘Littérature’

La préférence pour la violence

21 mars 2010

L’esprit du siècle, le climat, la sensibilité romantique, l’exemple de la Révolution française et la mythologie qui en procède orientent également vers des solutions de type révolutionnaire. C’est une des conséquences du romantisme que la préférence sentimentale pour la violence; toute une mythologie de la barricade, de l’insurrection triomphante, du peuple en armes, impose les solutions révolutionnaires et un grand roman épique comme les Misérables est, à cet égard, un bon témoin de l’esprit du temps. Le « soleil de juillet », en 1830, le « printemps des peuples », en 1848, autant d’expressions qui attestent le messianisme révolutionnaire, cette sorte de culte de la révolution, ce qu’un siècle plus tard, Malraux, à propos de la guerre d’Espagne, appellera l’ »illusion lyrique ».

René Rémond – Le XIXè siècle

Trop de fonctionnaires en France ?

7 mars 2010

A cette question complexe, il semble qu’on puisse répondre par l’affirmative. D’après de nombreuses études convergentes, une réorganisation des structures (décloisonnement, clarification des compétences, amélioration de la productivité, ajustement et redéploiement des effectifs …) permettrait – à prestations identiques – de réduire de 20% le nombre de fonctionnaires en France

Revue d’Etudes – la fonction publique

Les lendemains du nazisme

4 mars 2010

Jamais, dans les temps modernes, un grand pays, membre du « concert européen », n’avait connu un sort pareil, celui que les Romains appelaient la debellatio, la destruction par la guerre qui fait disparaître le peuple et les États : « Cathaginem esse delendam ». (…) Il n’avait même pas été question de supprimer à jamais l’État allemand, mais en déclarant qu’il exigeraient une capitulation sans condition, en refusant de traiter avec un quelconque pouvoir allemand, les Anglo-Saxons avaient innové par rapport à toutes les grandes guerres de l’Europe moderne : même en 1814 et 1815, les Alliés d’alors avaient laissé le roi restauré traiter au nom de la France. On mesure ici l’extrême gravité de l’échec de la grand conspiration du 20 juillet : il n’y avait personne en Allemagne avec qui traiter. Hiter avait nettoyé la scène historique et l’adhésion de la nation au Troisième Reich privait de toute légitimité les émigrés répandus dans le monde.

Joseph Rovan – Histoire de l’Allemagne

Quel grand peuple ! Dire qu’ils sont venus jusqu’ici.

2 mars 2010

Il reste cette exclamation du général de Gaulle, visitant en 1944 le champ de bataille de Stalingrad : « Quel grand peuple ! Dire qu’ils sont venus jusqu’ici. » De quel prodigieux élan le peuple allemand n’eût été capable sans ce guide infernal ? Mais qui reconnaîtrait dans les Français d’aujourd’hui le peuple qui fut capable de conquérir l’Europe, à pied, jusqu’aux portes de Moscou, jusqu’à l’Ebre, de Hambourg à Reggio de Calabre ? Ne comparons pas les causes ou les idéologies. Constatons seulement qu’à certains moments, éveillés et excité par une confluence extraordinaire de forces mobilisantes, des peuples se lancent dans des entreprises immenses, exaltantes et condamnées à échouer.

Joseph Rovan – Histoire de l’Allemagne

Hitler, les SA et les traitres

1 mars 2010

Au cours de sa détention, assez douillette, il rédigea les premiers jets de Mein Kampf. Malgré ce traitement marqué de l’esprit de mansuétude que méritait un compagnon égaré, Hitler voua une haine farouche aux dirigeants qui l’avaient « trahi ». Le chef du pouvoir exécutif bavarois, le commissaire général von Kahr, haut fonctionnaire réactionnaire s’il en fut, vit, après la prise du pouvoir par Hitler, des SA envahir sa demeure. On retrouva son cadavre quelques heures plus tard flottant dans un marais, il avait été tué à coups de pelle …

Joseph Rovan – Histoire de l’Allemagne

La défenestration de Prague

28 février 2010

Quand quelques excités, membres des « Etats de Bohême », jettent par la fenêtre du palais du Hradcany deux des gouverneurs impériaux et leur secrétaire, le 23 mai 1618, cet acte de violence apparaît à la postérité comme le signal du déclenchement de la guerre de Trente ans (qui ne commencera en fait qu’un an plus tard, en août 1619, avec la déposition de Ferdinand comme roi de Bohême et l’élection du Palatin Frédéric). Cet acte symbolique, placé à l’origine de tant d’affreux massacres, se terminera d’ailleurs en farce : tombés sur un vaste tas de fumier, les défenestrés s’en tireront à bon compte avec des titres de noblesse de rang supérieur et des domaines fonciers enlevés aux protestants. L’Allemagne, elle, perdra dans la guerre la moitié de sa population.

Joseph Rovan – Histoire de l’Allemagne

La Bible de Luther

27 février 2010

Tout en luttant contre les crises d’angoisse et de découragement, le Réformateur – pendant cette retraite forcée – entreprend sa plus grande oeuvre écrite (pour ne pas dire littéraire), la traduction en allemand des Saintes Écritures. Pour que le peuple puisse accéder au salut en se soumettant à la grâce de Dieu, il faut qu’il connaisse la parole que Dieu a adressée à tous les hommes et qui doit être l’unique source de la foi. Travaillant nuit et jour, véritablement possédé par l’inspiration, Luther achève la traduction du Nouveau Testament en dix semaines, s’en tenant pour l’essentiel au texte de la Vulgate, tout en consultant d’autres versions.

Joseph Rovan – Histoire de l’Allemagne

Evolution du monde paysan

26 février 2010

Le monde paysan, français et allemand, il y a soixante, soixante-dix ans, était beaucoup plus proche du haut Moyen-Age que ses petits-enfants ne le sont de lui.

Joseph Rovan – Histoire de l’Allemagne

L’esclavage en Europe

25 février 2010

Il y a enfin des esclaves, généralement prisonniers de guerre ou plutôt de razzias, pris chez les Slaves au-delà de l’Elbe, en Scandinavie, même plus loin encore vers l’est, en Russie et dans les steppes de l’Asie. Le trafic des esclaves constitue un des commerces les plus florissants de l’époque carolingienne; beaucoup ne faisaient que traverser le royaume franc; leurs convois étaient destinés à l’Espagne musulmane. Verdun est alors une étape centrale de ce trafic, où les marchands arabes viennent acheter aux Francs et aux Frisons leur marchandise vivante ….

Joseph Rovan – Histoire de l’Allemagne

Les mots allemands d’origine latine

24 février 2010

Les Germains ne construisaient pas en pierre; aussi bien, les termes allemands pour brique (Ziegel; tegula) et pour mur (Mauer, mura) sont empruntés au latin, et naturellement aussi la plupart des mots ayant trait à la religion et à l’église : Kirche, l’église, dérivé d’ecclesia; Priester, le prêtre, de presbyter; Münster, l’église-cathédrale, de monasterium, et encore beaucoup de mots qui indiquent la supériorité de la civilisation antique dans le domaine du commerce, de l’agriculture, de l’industrie (Acker, le champ, venu d’ager; Frucht, le fruit de fructus, etc).

Joseph Rovan – Histoire de l’Allemagne