L’esprit du siècle, le climat, la sensibilité romantique, l’exemple de la Révolution française et la mythologie qui en procède orientent également vers des solutions de type révolutionnaire. C’est une des conséquences du romantisme que la préférence sentimentale pour la violence; toute une mythologie de la barricade, de l’insurrection triomphante, du peuple en armes, impose les solutions révolutionnaires et un grand roman épique comme les Misérables est, à cet égard, un bon témoin de l’esprit du temps. Le « soleil de juillet », en 1830, le « printemps des peuples », en 1848, autant d’expressions qui attestent le messianisme révolutionnaire, cette sorte de culte de la révolution, ce qu’un siècle plus tard, Malraux, à propos de la guerre d’Espagne, appellera l’ »illusion lyrique ».
René Rémond – Le XIXè siècle