Dans l’imposante biographie consacrée à Roger Stéphane, qui détaille cette période plus que troublée, Olivier Philipponnat et Patrick Lienhardt font un tout autre récit, sans aborder son éventuelle participation au réseau d’espionnage allemand. Roger Stéphane fait preuve, selon eux, d’un grand fantasme : une interview de Laval, qui le fascine jusqu’à l’inconscience ». (…)
Stéphane est en outre parfois mû par des considérations personnelles qui le font déraper. En juin 1941, rapporte la biographie, il note ainsi dans ses carnets : « Je ne suis pas sûr que les intérêts britanniques ne soient pas plus réactionnaires que les intérêts nazis. Je ne suis pas sûr qu’il faille, a priori, interdire à l’Allemagne d’essayer d’organiser l’Europe, entreprise grandiose, où ont échoué, après 1918, la France et l’Angleterre. Ces interrogations, qui ne portent en elles aucun élément de réponse, doivent être posées. »
Pierre Siramy – 25 ans dans les services secrets

