Le soir, le Président [NDB : Jacques Chirac] appelle Dominique de Villepin : « les Allemands ne veulent pas toucher aux institutions, ils sont complètement braqués, et pareil pour les Autrichiens. Il n’y a absolument rien à faire. D’ailleurs, je vous l’avais dit. C’est un sujet qui n’intéresse personne, et il est complètement fermé. En revanche il faut des propositions fortes dans le domaine des projets européens. Quand est-ce qu’on peut se voir là-dessus ? Quand est-ce que vous faites votre strip-tease ? – Mon jogging, monsieur le Président ? – Oui, votre jogging. »
Bruno Le Maire – Des hommes d’État
Il [NDB : Jacques Chirac] pousse un soupir : « vous savez, Bruno, je crois que c’est une mauvaise idée que Dominique aille dans les quartiers demain. Tout ça fait racoleur. Et puis c’est un coup à se faire caillasser, on dira qu’il n’est pas mieux servi que Sarkozy. » Il me regarde, il attend ma réaction, il a ce sourire pâle qu’on devine à peine : « Notez que si vous y allez, je peux vous prêter mon petit chien Sumo. Il aboie très fort. »
Bruno Le Maire – Des hommes d’État
Nous passons au budget de l’audiovisuel, et (…) il [NDB : Jacques Chirac] tique sur les budgets de TV5 : « Tant que ça ? TV5, je n’ai rien vu de plus chiant. Moi qui passe beaucoup de temps dans les hôtels, je tombe toujours sur TV5, je peu x vous dire, c’est chiant. La semaine dernière, j’étais à Bruxelles. Je pensais que TV5 parlerait du sommet européen, pas du tout ! Rien ! Je tombe sur un programme sur les castors au Canada. Et encore je n’ai rien compris parce que le présentateur parlait avec un accent canadien effroyable ! »
Bruno Le Maire – Des hommes d’État
Nicolas Sarkozy appelle vers quinze heures, calme, sec, définitif : « Dominique, vous faites ce que vous voulez, mais si vous y allez, vous ne tiendrez pas quinze jours. Vous êtes mort. – Je le sais Nicolas. – Vous le savez ? Bien. Il y a 89% des électeurs de droite qui me veulent à Matignon. Et on ne me prendrait pas ? Allons, Dominique, ce n’est pas sérieux ! Je veux bien qu’on dise que les sondages, ça vaut rien, mais à force de dire ça, il y a un moment où ça ne tourne plus très rond, non ? Les sondages ont donné le résultat du référendum, n’est-ce pas ? Alors je vous dis : c’est vous, ou moi. On a toujours joué cartes sur table. Si c’est moi, Dominique, je vous veux dans le gouvernement, à un poste élevé, aux Finances. Si c’est vous, je suis prêt à revenir à un poste de numéro deux. Pas pour moi, Dominique, pour la France, pour la majorité. »
Bruno Le Maire – Des hommes d’État
Mardi 15 mars [NDB : 2005] – Paris – Place Beauvau
(…)
S’il y a une chose dont je [NDB : Jacques Chirac] suis sûr, c’est que jamais je ne nommerai Nicolas Sarkozy Premier ministre.
Bruno Le Maire – Des hommes d’État
Ce que le jeune homme épris de liberté que j’étais trouvait étrange. Dans son texte, Chevènement avait écrit ceci : « L’axe de notre sécurité passe par l’URSS »
Eric Besson – Qui connait Madame Royal ?
Je le dis sans passion aucune, calmement mais fermement : ce que construit Ségolène Royal dans cette campagne présidentiel est mensonger et dangeureux, pour la gauche et pour la France. Elle prétend porter une rénovation démocratique ? En réalité, elle construit un pouvoir personnel. Elle attise la méfiance envers les élus et la démocratie représentative. Elle joue de sa victimisation, elle instrumentalise le féminisme, les souffrances des femmes, et celles des exclus, pour asseoir son pouvoir. (…) Seule sa propre gloire la motive. Elle use et abuse de démogagie. (…) A l’arrivée, c’est l’arbitraire, des décisions incompréhensibles, l’opinion flattée, distraite, amusée, et des catastrophes économiques programmées …
Eric Besson – Qui connait Madame Royal ?
Mais Heydrich n’a aucun doute sur le fait que Bousquet est l’homme de la situation. A l’issue de son séjour en France, il dit : « La seule personnalité qui possède à la fois jeunesse, intelligence et autorité, c’est Bousquet. Sur des hommes comme lui, nous pourrons réparer l’Europe de demain, une Europe très différente de ce qu’elle est aujourd’hui. »
En ce mois de mai 1942, les tueries des Einsatzgruppen ont été définitivement jugées trop éprouvantes pour les soldats qui y participent. Elles sont progressivement abandonnées au profit des chambres à gaz mobiles. Ce nouveau système est à la fois simple et ingénieux : il s’agit de faire grimper les Juifs dans un camion dont on a retourné le pot d’échappement vers l’intérieur, et d’asphyxier les victimes au monoxyde de carbone. L’avantage est double : on peut ainsi tuer plus de Juifs d’un coup, sans trop éprouver les nerfs des exécuteurs. Il y a aussi une curiosité jugée amusante par les responsables : les corps deviennent tous roses. Le seule inconvénient est que les hommes en train de s’étouffer ont tendance à déféquer, et qu’il faut nettoyer les excréments qui jonchent le sol du camion après chaque gazage.
28 septembre 1938, trois jours avant les accords. Le monde retient son souffle. Hitler est plus menaçant que jamais. Les Tchèques savent que s’ils abandonnent aux Allemand la barrière naturelle que constitue la région des Sudètes, ils sont morts. Chamberlain déclare : « N’est-il pas effroyable, fantastique, inouï, que nous soyons en train de creuser des abris à cause d’une querelle surgie dans un pays lointain, entre des gens dont nous ne connaissons rien ? »

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