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Le lendemain, la super-ministre [NDB : Martine Aubry] explose en découvrant à la une de Libération : « Les 35h avec modération ». Et derrière ce titre ignoble une immense photo d’un DSK napoléonien. Dans une grande interview, sa bête noire déclare : « Nous n’avons jamais dit 35 heures payées 39. Ce serait détruire des emplois à coup sûr, tout le monde le sait. » Il se dit favorable à une grande loi-balai : « Je n’exclus rien, j’essaie d’avoir sur ce dossier une approche d’économiste plus que politique. »

Philippe Alexandre / Béatrix de l’Aulnoit – La dame des 35 heures

Dans « En sortir ou pas », son père a enfoncé le clou dès 1985 : « La gauche avait oublié qu’une meilleure répartition du travail exigeait non pas une, mais diverses formules, qu’elles devaient être patiemment et méticuleusement négociées entreprise par entreprise et non pas sur un coup de sifflet. Comment, par qui, à la suite de quelles analyses, a-t-il été imaginé de réduire la durée hebdomadaire du travail à 39 heures payées 40 ? Mystère ! Rien de tel n’avait été décidé en Conseil des ministres. »

Philippe Alexandre / Béatrix de l’Aulnoit – La dame des 35 heures

[...] lorsqu’un paysans afghan encaisse six cent dollars pour dix kilos d’opium qui donneront un kilo de morphine et ensuite d’héroïne, le grossiste en Turquie reçoit douze mille dollars, son détaillant en Hollande cinquante mille dollars et les six cents dollars du départ vont générer dans la rue auprès des camés un chiffre d’affaires d’un million et demi de dollars ! Le consommateur paiera jusqu’à deux mille cinq cents fois, voire six mille fois en période de pénurie, le prix payé au producteur afghan et contribuera sans même le savoir au djihad des théocrates afghans.

Roland Jacquard – Au nom d’Oussama Ben Laden

Maulavi Mohamed Omar est un ancien combattant pachtoune. Il fut commandant d’une unité de moudjahidin et ses états de service sont ceux d’un soldat héroïque; il fut blessé plusieurs fois pendant les dix années que durera la guerre de libération : ses proches racontent que lors d’un combat contre les Soviétiques, un éclat d’obus lui aurait crevé l’oeil. Sachant son oeil perdu et prêt à s’infecter, Mohamed Omar l’aurait arraché lui-même de son orbite avant d’essuyer sa main sanglante sur le mur d’une mosquée de Singesar, à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Kandahar; celle-ci préserve pieusement la traînée sanguinolente comme une relique.

Roland Jacquard – Au nom d’Oussama Ben Laden

Certes, André Gide reconnaît en mars 1914 que « le refus de ce livre [NDB : Du côté de chez Swann] restera la plus grave erreur de la N.R.F., et (car j’ai honte d’en être beaucoup responsable) l’un des regrets, des remords les plus cuisants de ma vie »

Marcel Proust – Du côté de chez Swann

Son regard glisse sur Jean-François Copé, qui souhaite prendre la parole. « Jean-François ? – Tant qu’à tailler dans les dépenses, je rappelle juste que nous pourrions économiser deux cents millions d’euros supplémentaires sur les contrats aidés. » Le président [Jacques Chirac] soupire, il explique lentement, sans se départir de son calme. « Ecoute, Jean-François, tu es un très bon ministre du Budget, mais l’important, c’est que le chômage continue de baisser : c’est ça l’objectif. Alors deux cent millions d’euros, je vais te dire, c’est du pipi de mouche. »

Bruno Le Maire – Des hommes d’État

Comme en janvier dernier, Dominique de Villepin présente à Nicolas Sarkozy les grandes orientations de sa conférence de presse de rentrée. (…) Il a changé de tailleur. Il s’habille de manière plus sobre et plus moderne. Il commence à entrer dans la peau du candidat. Entre les doubles portes du bureau, Dominique de Villepin lui glisse en souriant : « Ils sont très bien ces nouveaux costumes. – Ah ! Les costumes ! Une blinde, les costumes ! Moi, je transpire beaucoup, j’en flingue un par meeting. Et je m’habille pas chez Tati : alors forcément ! « 

Bruno Le Maire – Des hommes d’État

A la fin de la séance, Dominique de Villepin lui recommande de parler de lui, de ses engagements, des arts premiers, du musée du quai Branly. « Moi je veux bien, mais après il y aura toujours quelqu’un pour critiquer. On dira que les objets ont été volés aux peuples premiers.Qu’on aurait mieux fait de les rendre plutôt que de les piller. » Il se penche sur la table, il a retrouvé son sourire, les lèvres fines, tendues, il retire ses lunettes. « Ça me rappelle Saddam Hussein, un homme qui a très mal tourné. Un jour il vient à Paris. Il me dit : ‘il faut me rendre le code d’Hamourabi.’ Alors je lui réponds :’Mais, monsieur le Président, le code d’Hamourabi, nous l’avons récupéré en Égypte, vous n’aviez qu’à mieux garder vos affaires!’ »

Bruno Le Maire – Des hommes d’État

Alors que tout le monde se disperse dans le couloir, Nicolas Sarkozy prend Dominique de Villepin à part dans l fumoir, une main appuyée sur son épaule, l’autre sur le dossier d’une chaise, il bombe le torse, il hésite à sourire, ses yeux s’éclaircissent dans la lumière du matin. « Vous savez, Dominique, ce qui fait notre force, c’est que nous saturons l’espace tous les deux. Il faut qu’on continue comme ça jusqu’au bout, en tandem, vous qui mordez sur le centre et sur la gauche, moi sur la droite et l’extrême droite, il n’y a plus d’espace politique pour personne. »

Bruno Le Maire – Des hommes d’État

Le soir, le Président [NDB : Jacques Chirac] appelle Dominique de Villepin : « les Allemands ne veulent pas toucher aux institutions, ils sont complètement braqués, et pareil pour les Autrichiens. Il n’y a absolument rien à faire. D’ailleurs, je vous l’avais dit. C’est un sujet qui n’intéresse personne, et il est complètement fermé. En revanche il faut des propositions fortes dans le domaine des projets européens. Quand est-ce qu’on peut se voir là-dessus ? Quand est-ce que vous faites votre strip-tease ? – Mon jogging, monsieur le Président ? – Oui, votre jogging. »

Bruno Le Maire – Des hommes d’État