En voyant les ministères aux noms alambiqués et précieux que l’on crée depuis dix ans, tels que le ministère de l’Environnement, de la Qualité de la vie, de la Condition féminine, de la Communication, du Temps libre, etc., je regrette qu’aucun des poètes qui nous gouvernent n’ait jamais songé à un « ministère de la Langue française ». C’est celui-là, pourtant, qui serait utile. S’il y a quelque chose à préserver avec autant d’ardeur que nos paysages, nos monuments historiques, l’air que nous respirons, la mer dans laquelle nous nous baignons, les individus de sexe féminin avec lesquels nous ne procréons plus guère, c’est bien notre langue torturée, méprisée, démantelée, envahie par le franglais, le charabia publicitaire et le jargon pédant, en passe de devenir un idiome vernaculaire pour peuplade sous-développée.

Jean Dutourd – le septennat des vaches maigres

Articles qui pourraient vous intéresser:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>