Avec un peu de retard, je prends connaissance de l’article de la Croix « A la rentrée, le Rwanda passe du français à l’anglais » où l’on apprend que :
Sept ans après que l’anglais s’est ajouté au français comme langue officielle, tout l’enseignement bascule à la rentrée dans cette langue jusqu’ici peu parlée dans l’ancienne colonie belge
Le président récemment réélu, Paul Kagame, affirme :
« Nous donnons la priorité à la langue qui rendra nos enfants plus compétents et qui servira notre vision de développement du pays »
tandis que certains Rwandais y voient plutôt des raisons politiques :
En effet, l’élite au pouvoir est en grande partie composée d’anciens exilés tutsis ayant fui les massacres ethniques de 1959 en se réfugiant dans les pays voisins, notamment l’Ouganda. À l’image de Paul Kagame, installé en Ouganda à l’âge de 4 ans, l’intelligentsia du FPR a fait ses études, puis travaillé dans un contexte à 100 % anglophone, tout en parlant la langue nationale, le kinyarwanda
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Fadaises que tout ça! Les langues européennes (français et anglais) ne totalisent pas plus de 4% de locuteurs véritables au Rwanda, où le kinyarwanda – langue nationale – est parlée par tout le monde. La mini-réforme linguistique ici présentée comme un problème politique, n’est pour les Rwandais qu’un réajustement au mieux de leurs intérêts. Le français, l’anglais et le kinyarwanda étaient les trois langues officielles du pays depuis la fin du génocide et le changement de gouvernement subséquent 1994. Ils le restent. Il y a un an ou deux cependant, l’anglais fut préféré au français comme langue étrangère d’usage dans l’enseignement, le français devenant une simple matière au programme des cours. Ce choix n’est politique que dans les mentalités désuètes des adeptes du rayonnement néo-colonail de leur pays en Afrique. Les responsables rwandais quant à eux, savent que dans le nouvel ordre mondial globalisé, l’anglais est plus important à maîtriser que le français dans leur contexte régional, surtout depuis leur adhésion au marché commun de la Communauté Est-Africaine (Kenya-Uganda-Tanzanie) qui est leur partenaire économique de loin le plus important, par lequel transite la presque totalité de leurs échanges avec l’extérieur de surcroît. Rien de partisan donc pour nous autres Africains, nullement concernés par les rivalités entre les vieux empires auxquels nous n’appartenons plus.